Intervention de Maeva Aubert à la journée d’études sur la Chine contemporaine, Marseille, 27 juin 2019

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La cinéaste Maeva Aubert interviendra ce jeudi, 27 juin, à l’occasion de la journée d’étude sur la Chine contemporaine organisée par les doctorantes du Centre Norbert Elias. Elle présentera China 66, un triptyque vidéo qui fait dialoguer des images tournées en Chine, distantes de quarante ans.
Jeudi 27 juin, 15h15-16h15, La Vieille Charité, Cinéma le Miroir, rez-de-chaussée. Entrée libre.

Il y a quelques semaines, Maeva Aubert a également présenté le film Losaida, Avenue C (2004) dans le cadre plus informel du CinéFabrique, le rendez-vous hebdomadaire des “fabricants” organisé sous la forme d’une projection dont le programme n’est pas annoncé à l’avance.

 


China 66 (31 mn, 2009)

Il y a quelques années, j’ai fait la découverte d’un film Super 8 tourné en amateur par mon grand père lors d’un voyage professionnel en Chine pendant la révolution culturelle de Mao Zhe Dong. Je me suis alors saisie de cet objet rare pour le montrer 40 ans plus tard sur ses lieux d’origine. Mon intention était de l’offrir au regard des personnes rencontrées au cours de mon voyage, de solliciter leurs réactions et de confronter ces images d’alors à celles de la Chine contemporaine. Mon questionnement et mon « enquête » évoquent à la fois la topographie et la mémoire des lieux de tournage, ainsi que la mémoire individuelle et collective.
Ce travail a pris la forme d’une installation vidéo en 3 écrans.

Many years ago, I discovered a Super 8 film made by my grand father as an amateur during a professional journey in China during the Cultural Revolution. I took hold of this exceptionnal object to bring it back 40 years later on its original sites. My intention was to propose to the people I met to look at the 1966 film to ask them to react and to confront these images from their past with the ones from contemporary China. My questionning and my « inquiry » were about topography and memories of sites where the film was shot, and about the individual and collective memory.
This work took the form of a video installation in 3 screens.

Loisada, Avenue C (52 mn, 2004)

“Loisada” signifie “Lower East Side” dans le jargon des portoricains new-yorkais. C’est aussi le quartier où se situe ce jardin communautaire, sur l’Avenue C, filmé sur plusieurs saisons à l’époque où je comptais aussi parmi les jardiniers de ce lieu. À l’image d’un patchwork, cet espace clos et ce lieu de vie si particulier tissent des liens sociaux entre les habitants d’un quartier jadis désœuvré. C’est un manifeste du métissage des cultures humaines et urbaines propre à New York.
Le protocole de ce film était de ne jamais montrer New York mais plutôt de l’évoquer à travers le son, invitant ainsi le spectateur à en imaginer sa présence aux abords du jardin.
Quelques jardiniers m’ont confié leur quotidien sous forme d’entretiens, d’autres ont préféré s’exprimer par des chansons ou des recettes. Lors de mes déambulations dans la ville, j’ai enregistré la musicalité présente dans sa cacophonie et son vacarme quasi incessants. Cette matière sonore a été mixée en «cut-up» au montage avec les voix et les rares plages de silence.
Filmé en 16 mm, Super 8 puis image par image avec un appareil photo argentique, le montage final en numérique a été fait avec la complicité de mon amie Mélanie Braux.
Cette expérience plastique, sonore et poétique est un journal filmé dans la tradition du movie journal cher à Jonas Mekas. Loisada, Avenue C est à la fois une ballade visuelle bucolique et une déambulation urbaine sonore qui superpose le détail du végétal à celui du quotidien new-yorkais. Le vu et le caché dévoilent ainsi le foisonnement de cette ville dans ce qu’elle a de plus ténu.

Loisada, Avenue C (sous-titré fr) 53 mn. from Maeva Aubert on Vimeo.