Marseille pendant la Révolution française, Angelo Odore

« Marseille pendant la Révolution française : essai de cartographie historique à partir d’un Système d’Information Géographique » est un projet de recherche doctorale de trois ans, mené en collaboration avec des historiens de l’Université de Teramo, des historiens et des cartographes du Centre Norbert Elias (UMR 8562, Marseille) et des experts SIG d’ESRI Italia Spa. Le projet vise à numériser et à géoréférencer la carte de Marseille au début de la Révolution, pour cartographier les principaux événements et phénomènes qui se sont produits dans la ville au moment de la Révolution française.

La recherche étudiera les sources historiques disponibles et appliquera à l’histoire révolutionnaire de Marseille une méthodologie interdisciplinaire et intersectorielle combinant les outils de l’historiographie, de la géographie et des géosciences (SIG).  L’objectif méthodologique est de combiner les outils et les données recueillis par la recherche historique et la technologie SIG pour représenter l’histoire de (et) l’espace. En plus d’utiliser les outils traditionnels de l’historiographie (telle que la recherche archivistique et bibliographique), le projet prend en compte trois innovations historiographiques parmi les plus importantes et les plus récentes qui ont émergé depuis les années 1980, décrite comme “linguistic, temporal and spatial turns”. L’objectif du projet est de renforcer ces acquis en les combinant avec la technologie des Systèmes d’Information Géographique (SIG).

L’utilisation de SIG permettra non seulement d’analyser plus efficacement les données recueillies grâce à la recherche documentaire et à la bibliographie, mais aussi de créer une cartographie interactive et multidimensionnelle capable de reproduire les représentations spatiales et historiques de l’espace. Cette approche méthodologique nous permettra de produire une carte historique interactive des espaces et des événements urbains de Marseille tandis que de nouvelles interprétations pourront être proposées d’une manière novatrice pour communiquer l’histoire auprès grand public.

Plus précisément, nous essaierons de :

  • localiser et restituer les bâtiments publics, religieux et militaires, les marchés urbains, les moulins, les structures défensives et les murs d’enceinte de la ville.
  • localiser les lieux importants de la Révolution comme le Café François, la guinguette d’Arquier ou le siège du Journal des départements méridionaux.
  • analyser l’état de l’ordre public à Marseille dans les premiers mois de la Révolution, grâce aux “cartes thermiques” créées à partir de l’inventaire et du géoréférencement des crimes commis entre le 23 mars et le 20 décembre 1789.
  • déchiffrer les dynamiques spatiales de certaines patrouilles, par la reconstruction et l’analyse de plusieurs sorties.
  • restituer le dynamisme commercial de Marseille à la veille de la Révolution.
  • analyser la localisation résidentielle des fédérés marseillais. A l’appui d’une riche base de données, différentes clés d’interprétation seront proposées (sociales, politiques et militaires) sur leur emplacement par rapport aux sections révolutionnaires.

Depuis 2017, Angelo Odore est doctorant en Histoire au Centre Norbert Elias sous la direction de Jean Boutier, en cotutelle entre l’Université de Teramo et l’EHESS Marseille. Après un master en Histoire à l’Université de Naples Federico II, il a travaillé pendant plusieurs années dans le domaine de l’histoire de la Révolution napolitaine de 1799. Il s’est ensuite intéressé à l’histoire de Marseille et de la Provence au XVIIIe siècle et pendant la Révolution française, ainsi qu’au SIG (Système d’Information Géographique).

Image : les interventions des patrouilles bourgeoises en 1789.

 

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